En 1902, les frères Monnot créent, à Chatou, avec un groupe d'amis le C.N.C, (Cercle Nautique de Chatou) qui se déplacera en 1929 aux Mureaux et y deviendra en 1938 le Y.C.I.F. (Yacht Club de l'Ile de France). Ils adoptent, dès 1902, le dériveur de Texier comme bateau du club, qui dès lors est désigné « Monotype de Chatou ».
Ils participèrent pendant une décennie à l'animation du bassin avec des départs de régates qui comptaient souvent plus de cinquante bateaux.
Indissociablement lié à la naissance et à l'histoire de l'Y.C.I.F., ce bateau a joué un rôle unique dans le développement des sports nautiques. Dériveur très typé produit par divers constructeurs, François Texier au Petit-Gennevilliers puis son fils aux Mureaux, Gaston de Conninck à Maisons-Laffitte, Henri Gicquel à Rueil, le chantier Pitre, Delmez à Vétheuil, le chantier d'Amphion sur le lac Léman, Bonnin à Arcachon. . .
Il sera produit à 135 exemplaires entre 1900 et la seconde guerre mondiale et ce sera la première série de yachts de course français à dépasser les cent unités.
Ce succès est dû à plusieurs facteurs :
D'abord, le bateau est léger et surtout économique, il ne coûtait que 500 Francs en 1900, il coûtera 9 000 Francs en 1937. Aussi, tant par son prix que par ses performances et l'émulation que promettaient les régates entre bateaux identiques, le « Monotype de Chatou » a séduit les jeunes et les débutants.
Ensuite, l'Y.C.I.F, a innové en organisant convenablement sa série : Association de propriétaires, numérotation (ils portent un n° de série en rouge dans la voile), contrôle de la jauge et de la construction, promotion de la série, rencontres. Mais surtout, dès le début du siècle, le club mit très tôt en place une politique sportive et commerciale dynamique en commandant les monotypes par séries, auprès des chantiers des boucles de la Seine, fournissant ainsi des bateaux, barre en main, aux adhérents anciens ou nouveaux qui n'avaient pas à se soucier des problèmes de construction.
Ancêtre des dériveurs modernes, le « Monotype de Chatou » forma des générations de barreurs et anima les plans d'eau de l'Ile de France de l'époque post impressionniste. La Maison Fournaise et ses environs, restèrent longtemps le lieu de rendez-vous du club et de cette flotte où l'état d'esprit n'était pas à la morosité.
Puis, avec l'installation de l'Y.C.I.F. sur le bassin des Mureaux en 1929, ce dernier devient très animé, et des départs de régates de 50 Monotypes de Chatou ne sont pas rares.
Des unités de « Monotype de Chatou » essaimèrent sur la Seine, dans les clubs voisins du Y.C.I.F., à Lyon, au Yacht Club Gilbert Dumas, à Angers à l'Union de la Voile et de la Vapeur d'Angers et à Annecy, dans les années vingt, où le bateau fut à l'origine de la fondation de la Société des Régates d'Annecy. Beaucoup de monotypes y finirent leur vie, dans les années cinquante comme bateaux de louage.
Un « Monotype de Chatou » d'origine, « Alcofribas » à Eric Vibart, journaliste et écrivain ex membre de l'Y.C.I.F., daté de circa 1913 et restauré en 1989-1990 est en état de naviguer.
Mais « Porc-Epic » le Monotype n° 3 de la série, qui appartint à Georges Thierry, ancien Président de l'YCIF, pieusement conservé à l'YCIF a été classé « Monument historique en 2002. Il reste le témoin le plus ancien et le plus chargé d'histoire, de ce bateau dont les exemplaires devenus très rares se chiffrent à 4 ou 5, dont 2 ou 3 sont en état.
Notre camarade Michel Husson, chef de projet, a mené les démarches pour faire restaurer ce bateau.
Avec l'aide des Pouvoirs publics et le soutien de la Mairie des Mureaux, Porc-Epic sera restauré en 2008, par l'Association Sequana de Chatou qui vient de terminer la restauration de Quod Amo, monotype de Chatou après avoir réalisé en 1999 Nymphée, une copie relevée sur les cotes de Porc Epic.
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